Manuel technique du Tom Pouce II

 

Description du boitier

Le Tom Pouce est un boîtier de la taille d’un paquet de cigarettes. Il pèse une centaine de grammes et vibre lorsqu’un obstacle se trouve devant lui. Il y a trois portées de protection au choix : courte, moyenne et longue portée. Clippé à la canne il protège du bassin à la tête sur la largeur des épaules droit devant soi (en moyenne et longue portée). Il fonctionne aussi bien en obscurité totale qu’en plein soleil.

Important : cet appareil est un complément à la canne et ne peut en aucun cas s’y substituer.

Le bas du boîtier est repéré par un interrupteur qui a comme fonction marche/arrêt.

Sur la photo l’interrupteur est en position éteint. A droite le vibreur muni de son passe doigt est relié au boitier par un câble. Les fenêtres noires lisse sont les zones de passage de la lumière infrarouge.

Sur le dessus du boîtier (sous le pouce) se trouve l’interrupteur des trois portées : 2,4 et 6 mètres. Lorsque l’interrupteur est à gauche, l’appareil est en courte portée (2m), au centre en moyenne portée (4m) et à droite en longue portée (6m) plus faisceau supplémentaire de hauteur. Les différents faisceaux sont de révolution autour de leur axe.

Kit de fixation à la canne:

Vue arrière du Tom Pouce II sans et avec son kit de fixation.

Il est conçu pour n’être décroché qu’occasionnellement. Attention à ne pas casser l’interrupteur arrière en ratant son enclenchement.

Capuchon protégeant le capot piles avec sa dragonne évitant la perte du capuchon au changement des piles, elle sert également à tenir le câble du vibreur.

Sur les cannes à poignée non en caoutchouc, il est nécessaire de mettre un bout de chambre à air pour que la fixation ne glisse pas le long de la canne

Fonctionnement de base

Ne pas approcher les doigts de la face avant de l’appareil, sinon il vibre en détectant les doigts, sauf si on veut vérifier que l’appareil marche.

L’absence de vibration signale l’absence d’obstacle à l’intérieur de la portée choisie. On doit rechercher l’absence de vibration dans la direction où l’on avance. L’appareil est conçu pour éliminer les vibrations hésitantes à la limite de la portée. Si la vibration se déclenche par exemple à 2 mètres, elle ne s’arrêtera qu’à 2,5 mètres. La transition vibration – non vibration se fait à une distance légèrement supérieure à la transition non vibration- vibration. Cette technique d’élimination des vibrations hésitantes s’appelle l’hystérésis.

Le tom Pouce II a deux plans de perceptions : obstacle loin, obstacle près. L’avantage de deux niveaux de perception est de pouvoir plus facilement slalomer entre les obstacles et de mieux gérer les passages étroits. En effet il est utile de savoir qu’un obstacle à droite par exemple est plus près que celui de gauche ce qui permet en priorité de s’écarter plus de la droite pour ensuite éviter celui de gauche. Cela aide beaucoup à passer les passages de type « chicane ».

L’obstacle loin est traduit par une perception lisse, l’obstacle proche par une perception granuleuse.

La hauteur est traduite par un troisième type de vibration très forte.

Protections relatives par les trois portées

en gris clair la zone horizontale donnant des vibrations lisses,

en gris foncé la zone horizontale donnant des vibrations intermittentes,

en gris quadrillé le zone verticale donnant des vibrations fortes.

Cas des personnes tactilement très sensibles :

le vibreur est accroché directement sur la canne sous l’appareil.

  Bon centrage de la canne, appareil bien vertical

Cas des personnes tactilement sensibles :

le vibreur est accroché directement sur la canne au dessus de l’appareil.

Cas standard :  le vibreur est accroché au petit doigt

Cas des personnes tactilement peu sensibles, le vibreur est accroché retourné sur le petit doigt.

  Bon pointage à droite de la canne, appareil restant bien vertical

Bon pointage à gauche de l’appareil. L’appareil ne doit pas perdre sa verticalité, ni son centrage.

Le balayage se fait sinon comme à la canne, lorsque le pied droit avance, la canne part à gauche etc. Toute tenue incorrecte de canne du style poignet déporté sur le côté, position moyenne de biais etc. rend impossible l’utilisation de l’aide électronique, le passage se bouchant à tort et les obstacles latéraux n’étant pas protégés d’un côté.

Technique formelle d’anticipation

Le bord d’un obstacle est matérialisé par la direction pointée par la canne se situant à la limite entre vibration et non vibration. Si on se dirige vers cette direction, on risque de passer trop près de l’obstacle, voir de heurter les épaules.

Comme on avance en balayant la canne, il faut contourner l’obstacle de façon à ce que la limite entre vibration et non vibration se trouve à l’extrémité du balayage de la canne.​

En pratique ceci se fait naturellement, au début les gens prennent une marge de sécurité trop grande, ils vont ensuite la réduire jusqu’à frotter les épaules, puis trouveront le compromis. Lorsque ce processus ne se fait pas c’est souvent du à une mauvaise position du poignet ou à une mauvaise prise de conscience par l’articulation du poignet de la direction de la canne. Le compromis se situe à une amplitude du balayage de la canne protégeant la largeur des pieds, légèrement plus faible que celle recommandée à la canne seule (largeur des épaules).

La longue portée à 6mètres est plus large que les autres. Par exemple si on trouve un passage angulairement très fin dans une ouverture, on a largement de la place pour passer. En moyenne portée, on a juste de la place. En courte portée il faudra passer de biais pour ne pas toucher les épaules.

 

Cas de la hauteur

A titre indicatif  pour la hauteur : En courte et moyenne portée la protection en hauteur s’arrête au thorax. En longue portée elle dépasse un peu la tête. Le signal d’alarme de la hauteur ne doit pas servir à engager une procédure d’évitement, il faut protéger de suite sa tête avec la main et avancer doucement. L’alarme en hauteur doit donner lieu à un arrêt immédiat, la disparition du signal peut signifier que l’on va toucher de manière éminente, voir figure ci-dessous.​

Evite-t-on mieux un obstacle de près que de loin ? Dans tous les cas les épaules seront protégées. Avec une longue portée l’évitement part de plus tôt et la trajectoire plus fluide. Par contre dans certains lieux il y a toujours quelque chose à 6 mètres, dans ce cas il faut réduire la portée et également un peu la vitesse de déplacement. Si on réduit les deux à la fois, la qualité de l’évitement se maintiendra constante. Plus la distance est longue plus on peut se détendre dans la démarche. La règle est de toujours utiliser la plus grande portée permettant de trouver une issue. Si on diminue la portée trop tôt on trouve des issues partout même dans les impasses.

Quelques conseils de prise en main

​Il ne faut pas avancer en direction d’une vibration, même en longue portée, sous peine de choc. On doit chercher à modifier sa direction de façon à la faire disparaître au plus vite afin de contourner l’obstacle. Si on ne trouve pas le passage dans la foulée, ralentir et réduire la portée ou s’arrêter.
  • Typiquement la vibration rugueuse de la courte portée (moins de 1m) sert à l’intérieur, en montée d’escalier ou en foule statique serrée (canne très relevée) et la longue portée à l’extérieur. Il est conseillé de n’avoir recours à la moyenne portée en extérieur que si la longue portée bouche le passage.

  • Rappelons que l’appareil ne permet pas la surveillance au ras du sol des trous et bosses, même tenu à la main. Un utilisateur entraîné remarquera qu’il peut repérer en tenant l’appareil à la main la transition chemin herbe, certains dénivelés ou trous. Ce ne sont que des circonstances particulières à ne surtout pas généraliser. Certains types d’obstacles au sol sont absolument indétectables pour cet appareil conçu pour la protection devant soi et en hauteur.

  • Même si l’appareil donne une information de tout ou rien, cette information est beaucoup plus riche qu’on peut le croire à priori. Elle doit être associée à une prise de conscience permanente de la direction de la canne. Par exemple on peut passer à travers une foule avec des vibrations très fréquentes, à partir du moment où on sent la direction de la petite absence de vibration qui représente le passage.

  • L’indication sera différente suivant les couleurs rencontrées, en effet les poteaux fins et foncés (cas des carrosseries de voitures métallisées et foncées, petits poteaux noirs brillants non détectés avant la canne). Par contre la portée peut être très importante face à des panneaux de circulation.

  • Lorsque la canne heurte et que aucun obstacle n’a été détecté par l’appareil, il s’agit dans la très grande majorité des cas d’un obstacle franchissable (marche, bordure etc.

Maintenance

​​Les piles rechargeables peuvent être utilisées, de préférence de capacité 1000mAh ou au moins 800mAh. On peut aussi mettre des piles normales alcalines. Il faut exclure les piles salines qui feront dysfonctionner l’appareil. Retirer la housse de protection pour accéder au boîtier piles situé en haut de l’appareil Repérer les deux petites rainures servant à ouvrir, appuyer et tirer vers le haut. Remplacer les piles de la façon habituelle, bout plat du côté du ressort. Pour refermer le boîtier, effectuer une légère pression en fin de course. Le capot du boîtier est bien ajusté, ne pas essayer de le refermer trop brutalement. Le numéro de série se trouve au fond du boitier piles, il faut le relever chaque fois qu’un appareil est attribué.

Conditions d’utilisation : - 18 degrés, + 45 degrés, l’appareil est étanche au ruissellement et peut être utilisé sous la pluie, il n’est pas étanche à l’immersion. En cas de courte immersion accidentelle, retirer les piles, sécher l’intérieur du boîtier, et laisser l’appareil dans un endroit sec une dizaine d’heures.

Guide des pannes matérielles

Cause n°1 de panne : Piles à plat, signal sonore de fin de pile non entendu, changer de piles.

Cause n°2 : Vibreur hors service, fil coupé intérieurement, un vibreur peut tenir plus de 5 ans s’il est bien traité, certains les achèvent en moins de 6 mois. Envoyer l’appareil en réparation, ou le faire raccourcir en éliminant la partie cassée par un très bon bricoleur.

Cause n°3 : Appareil inondé par fortes pluies et sacoche mal posée, normalement après l’avoir fait sécher il repart.

 

Cause n°4 : Rupture de la fixation canne, en commander une autre, voir une d’avance pour les plus brutaux.

 

Cause n°5 : Détérioration de l’interrupteur trois positions après plusieurs mauvaises chutes ayant atterri sur l’interrupteur, renvoyer l'appareil en SAV.